Au jardin romain d’Argentomagus…

IMG (Copier)
Publication disponible « Plantes du jardin romain » de Daniel DUFOUR

 Voici l’avant propos qui permet de comprendre la genèse et la réalisation de ce projet.

L’aspect du jardin a évolué avec le temps, les plantations se sont étoffées, et il vaut le détour , puisqu’il est situé à l’arrière du Musée et que son accès est libre.

Son succès est tel que l’ASSAAM envisage une seconde implantation, avec une autre thématique, plus centrée sur le site.

Sa mise en place, dans le cadre du Point Relais Accompagnement des Jeunes (PRAJ) débutera à la fin du printemps 2015.

AVANT – PROPOS

L’idée de ce jardin, situé aux abords immédiats du Musée archéo­logique d’Argentomagus, à Saint-Marcel (36200) est déjà ancienne. Elle m’est venue vers 1995 dans le cadre de mes activités au service éducatif. A partir de recherches sur la cuisine romaine, notamment fondées sur L’Art culinaire d’Apicius, germa l’idée de cultiver pour mieux les connaître quelques plantes aromatiques citées par Apicius.

La réalisation de ce projet qui peu à peu s’était considérablement enrichi, a commencé en 2000. Il s’agissait désormais de tout un jardin, plus exactement d’une collection de 160 espèces cultivées dans l’Empire romain, organisé en 4 thèmes

  • plantes aromatiques,
  • plantes décoratives,
  • plantes médicinales,
  • plantes relatives au monde du tissu.

Les trois derniers sont venus tout naturellement s’adjoindre au thème de départ, les plantes aromatiques.

L’inauguration du jardin eut lieu en 2004… Désormais, ce jardin existe. Il s’agit maintenant de l’entretenir, de l’enrichir, de le faire connaître, de le faire vivre. C’est ce à quoi, toute l’équipe du musée et moi-même, nous nous employons, soutenus matériellement depuis le départ par l’ASSAAM.

Ainsi structuré, le jardin n’est cependant pas figé. On peut déceler des évolutions, certaines plantes ayant tendance à proliférer, d’au­tres à régresser, voire à disparaître.

Il n’était pas dans mon projet initial de reconstituer un jardin romain mais seulement d’en suggérer certains aspects.

La démarche thématique choisie m’a conduit à consulter de nombreux textes antiques, sans dédaigner par ailleurs les sources iconographiques (fresques et mosaïques). Toutes ces sources nous renseignent sur le monde romain. Les découvertes archéologiques de restes de plantes, de pollens, permettent d’attester actuellement un nombre restreint d’espèces. A l’avenir, ces méthodes permet­tront, sans nul doute, d’allonger ces listes et d’améliorer notre connaissance des jardins gallo-romains, en particulier pour notre région.

Les traces les plus ténues de la vie quotidienne sont des renseigne­ments précieux pour la connaissance d’une civilisation. S’interroger sur les plantes connues et utilisées par les Romains est une démarche certes assez récente qui relève de l’Archéologie et de l’Histoire. Les textes antiques évoquant les plantes sont souvent difficiles à interpréter. Il n’est pas toujours évident de connaître l’espèce qui se cache derrière une description- la désignation scien­tifique du nom de l’espèce n’apparaît qu’au XVIlle siècle avec Linné- La nomenclature botanique à l’époque romaine est donc incertaine.

En revanche, ces textes sont instructifs par bien d’autres aspects. Ils permettent de connaître les coutumes, l’état d’esprit ou la mentalité des utilisateurs : on vendait les feuilles séchées de coque lourde en guise de mèches de lampe, on consommait les pousses printanières du tamier ou du houblon, on parfumait le vin avec des pétales de rose, on employait de nombreuses plantes contre les morsures de serpent, scorpions, araignées…, on se servait de branches de verveine pour constituer l’insigne de certains ambas­sadeurs, on portait fréquemment, dans les cérémonies et proces­sions, des couronnes végétales.

De nombreuses espèces cultivées dans ce jardin font l’objet d’allu­sions souvent évoquées dans des textes anciens. La palme revient à Pline l’Ancien. Si la lecture de ses ouvrages est souvent présentée comme fastidieuse, son œuvre est cependant riche et variée. Ainsi, il précise qu’il a connu un herboriste, Antonins Castor, mort à cent ans.

L’élaboration de notre jardin a constitué toute une aventure, à la fois passionnante et exigeante, nécessitant un investissement important. En retour, ce jardin offre au public un nouvel espace digne d’intérêt.

Le jardin du Musée archéologique d’Argentomagus avec sa collec­tion de cent soixante plantes de l’époque romaine est unique en France. À l’étranger, seul le jardin de Fishbourne, sud de l’Angleterre, lui est comparable.

L’accueil reçu nous encourage à poursuivre nos recherches afin de parfaire notre connaissance des jardiniers, des agriculteurs et des herboristes romains d’il y a 2000 ans…

L’ouvrage que nous vous proposons ici n’a pas de prétention bota­nique au sens moderne du terme. Nous avons voulu montrer, à travers les témoignages des écrivains et tout ce que nous lègue chaque jour l’archéologie, la place qu’occupaient ces plantes dans la vie quotidienne des Romains.

La classification adoptée ici est le reflet de l’organisation en quatre thèmes du jardin romain du Musée.

Daniel Dufour

♣ de gauche à droite: M. Daniel DUFOUR, initiateur et créateur du jardin Mme. Claudine MARIAT, Présidente de l’ASSAAM Mme. Coralie BAY, Conservatrice du Musée (2005-2013) & M. Jean ROY(†) Maire de St Marcel.

AVERTISSEMENT

Certaines plantes, décrites dans cet ouvrage, présentent un caractère toxique. Nous attirons plus particulièrement votre attention sur les plantes réputées aromatiques et médicinales dans les textes anciens et autres formes de témoignages.

Pour votre sécurité, nous vous conseillons d’en vérifier le caractère avéré comestible actuellement.

Cet ouvrage est en vente au prix de   15 € à l’accueil du Musée d’Argentomagus

Ou auprès de l’ASSAAM (frais d’expédition en sus – nous consulter –voir Boutique ASSAAM)

50 ans déjà …

L’ASSAAM passe enfin au XXIe siècle…..après avoir fêté en 2012 son cinquantenaire !

Assaam_50ans
un gâteau original ….

L’ASSAA (Association pour la Sauvegarde du Site Archéologique d’Argentomagus) est née en 1962 « de l’initiative d’un groupe d’amis déplorant la destruction d’éléments de la ville ancienne et la dispersion d’objets trouvés au cours de travaux divers ». Qui à ce moment-là aurait pu penser qu’elle fêterait son jubilé ?

D’emblée, les projets furent nombreux ; l’Association sut les réaliser progressivement, elle sut dépasser les difficultés rencontrées, elle sut enfin se réinvestir dans d’autres actions dès lors que le musée archéologique d’Argentomagus fut ouvert. Elle devint alors ASSAAM (Association pour la sauvegarde du Site Archéologique d’Argentomagus et Amis du Musée).

Il nous faut rendre hommage aux nombreux administrateurs qui par leur talent, leurs connaissances, leur volonté, leur opiniâtreté ont créé une dynamique et fait d’Argentomagus un lieu connu, reconnu, loin des territoires oubliés.

Assaam_50ans (2)
le 27 juillet 2012, lors du jubilé; de droite à gauche: M. Lionel BAZIN, Président fondateur de l’ASSA, M. Michel SAPIN, Ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, Mme. Claudine MARIAT, Présidente de l’ASSAAM, Mme Coralie BAY, Conservatrice du Musée d’Argentomagus.

Monsieur Lionel Bazin, président pendant vingt-huit ans, contribua d’une façon décisive à cette reconnaissance grâce à sa ténacité c’est évident, grâce à son tissu relationnel qu’il mit au service d’Argentomagus. Aujourd’hui, toujours très attentif à l’avenir du site et plus particulièrement à sa mise en valeur , il a décidé de se tenir à l’écart. Nous voulions, à l’occasion de ce cinquantenaire, l’honorer, lui marquer notre gratitude.

L’activité actuelle n’est plus la même et génère sans doute plus de raison que de passion ; raison dont le signifiant est avant tout d’être attentif aux besoins latents, à ceux exprimés par les scolaires, étudiants, enseignants, chercheurs en archéologie de la préhistoire, du gallo-romain, du médiéval, par nos adhérents, par quiconque s’intéresse « aux choses anciennes ».

Souhaitons à l’ASSAAM de pouvoir poursuivre l’oeuvre entreprise en tenant compte des évolutions, tout en sachant conserver ses valeurs essentielles : la surveillance, la protection, la valorisation du patrimoine, la diffusion des connaissances…

C’est ainsi qu’elle est officiellement reconnue et qu’elle continuera de l’être, à n’en pas douter.

Donc rendez-vous pris pour ses cent ans. C’est un vœu utopique pour nous mais combien motivant pour l’ASSAAM.

La Présidente

Assaam_revue_N°5_2012 (Copier)
le N°5 « spécial cinquantenaire » de notre revue.

Claudine Mariat